Chêne vert de la mairie de Cognac

En 2009, deux artistes québécoises sont venues sculpter un des deux chênes du jardin public de l’Hôtel de Ville de Cognac, qui venait d’être abattu. Il s’agit de Mesdemoiselles

L’inauguration de la sculpture a eu lieu vendredi 25 novembre à 11h30.
Monsieur Gourinchas, maire de Cognac ainsi que Monsieur Jean-François Hérouard, Maire-Adjoint chargé de l’Aménagement Durable étaient présents.

Le discours inaugural de Monsieur Hérouard :

Mesdames, Messieurs les élus,

Chers voisins de Bréville, Mmes, MM, amis des arbres,

Nous voici réunis le jour de la Sainte-Catherine pour inaugurer cette magnifique sculpture. Selon le dicton, « A la Ste Catherine, tout bois prend racine », … je sais bien que ce ne sera pas le cas du chêne vert dont elle est tirée. Ou alors, il s’agira des racines symboliques qui par la mémoire nous rattache au passé. Voici l’histoire.
Deux chênes verts bicentenaires, (Quercus ilex), des « Yeuses » féminin ! probablement conservées volontairement lors de la construction de l’hôtel particulier Otard de la Grange, encadraient majestueusement le perron de la Mairie. Ils faisaient partie « depuis toujours » du paysage mental des Cognaçais, et offrait aux photos de mariage un cadrage de rêve.

Malheureusement, un alarmant champignon s’était installé à son pied : « Ganoderme aplani, Ganoderma applanatum », parasite mais aussi « saprophyte de faiblesse ». Cela n’avait pas échappé à Michel Bécot, et l’expertise commandée devait confirmer le péril potentiel qu’il présentait pour le public. Il pouvait vivre encore 10, 20 ans ou plus, ou bien s’abattre sans crier gare, c’est arrivé je ne sais plus où. Dilemme cruel pour l’écologiste à peine élu ! Préserver l’arbre ou sauvegarder le public ? Malgré l’habituelle prudence des experts, l’accord se fit immédiatement avec le maire : le risque était trop important, le principe de précaution s’imposait, l’arbre était condamné. Un périmètre de sécurité fut installé, tandis que se développait une inutile polémique. On alla jusqu’à prétendre que je m’étais trompé, que c’était l’autre yeuse qui était malade (on le surveille depuis !). Installation du bûcheron acrobate réduisant peu à peu le géant à un tas de bûches et bûchettes, préservant cependant le tronc. Ouf, l’arbre coupé révélera bien la progression du mal : la preuve. Fin du premier acte. Il aurait pu être l’acte unique, sans la géniale proposition d’Isabelle Lehman, alors conseillère déléguée au patrimoine naturel, que je salue de grand cœur.

ACTE II. Il s’agissait de proposer au maire d’alors de Bréville, Jean-Lou Mercier, que nous ne saurions trop remercier, de livrer la grume à deux artistes québecoises, venues pour sculpter la grume juste après le Festival Art et Passion du Bois, qui fait chaque année de la commune un rendez-vous international de la crème des sculpteurs. Mobilisation de nos services techniques, chantier bruyant de tronçonneuses et polissoirs, ballet de gestes tantôt toniques tantôt caressants de nos deux artistes poisseuses de sueur et de sciure, souriant malgré les tours de rein et les ampoules.
Salut à vous Marie-Claude Drolet et Claire-Alexis Turcot, on vous enverra les photos dans votre Belle Province, tabernacle ! Vous avez voulu appeler votre œuvre « l’Instinct ». En effet, au-delà de sa mort d’arbre, la sculpture dont les veines sont irisées de nuances délicates plaide encore pour la vie, et fait oublier son quintal dans ce puissant jaillissement cambré vers le ciel. Elle trône maintenant à quelques dizaines de mètres du perron qu’elle ombrageait naguère. La boucle est bouclée, pas plus que nous les arbres ne sont immortels, mais l’art des hommes leur donne une forme mémorable.

Merci d’être venu partager ce moment avec nous.


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jeudi 8 juin 2017

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